Comment bien poser un joint de carrelage ?

Ce que vous devez savoir sur les joints de carrelage

Points essentiels à retenir

  • Selon le DTU 52.1, la largeur minimale d’un joint carrelage est de 2 mm pour les petits carreaux et 5 mm ou plus pour les grands formats comme le grès cérame
  • Le joint époxy offre une résistance chimique et mécanique jusqu’à deux fois supérieure à un joint ciment, idéal pour les zones très humides
  • Un traitement hydrofuge appliqué 48 à 72 heures après la pose prévient l’apparition de moisissures et taches sur les joints
  • Une salle de bains mal ventilée peut atteindre 90 % d’humidité après une douche, favorisant le développement de moisissures en moins de 48 heures
  • Le joint carrelage représente 5 % du coût d’une pose mais 50 % de son rendu final

Un carrelage posé avec soin mais des joints bâclés : c’est la première chose que l’oeil repère. Le joint carrelage n’est pas un détail, c’est la finition qui fait ou défait un chantier. Et pourtant, c’est souvent l’étape que les gens survolent, pressés d’en finir. Grosse erreur. Un mauvais jointoiement, c’est de l’eau qui s’infiltre, des moisissures qui s’installent, et des carreaux qui bougent. Autant dire que ça coûte cher à corriger après coup.

Ce guide couvre tout : le choix du bon mortier de jointement, la pose, l’entretien, et la réfection. Avec les bons gestes dès le départ, vos joints tiennent des années sans broncher.

Qu’est-ce qu’un joint carrelage et pourquoi c’est si important ?

Comment bien poser un joint carrelage

Le joint carrelage remplit trois fonctions. Il absorbe les mouvements du support, protège contre les infiltrations d’eau et assure l’esthétique de la surface. Sans lui, les carreaux se fissurent ou se décollent sous l’effet des variations thermiques.

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Le DTU carrelage (Document Technique Unifié 52.1) impose d’ailleurs des largeurs minimales de joints selon le format du carreau. Ce n’est pas une suggestion, c’est une obligation technique. Ignorer ces règles, c’est prendre le risque de voir votre pose partir en morceaux en moins de deux ans.

📐 Selon le DTU 52.1, la largeur minimale d’un joint carrelage est de 2 mm pour les carreaux de moins de 15 cm de côté, et monte à 5 mm ou plus pour les grands formats comme le grès cérame.

Les différents types de joints à connaître

Il existe deux grandes familles. Les joints de remplissage comblent l’espace entre les carreaux. Les joints de dilatation absorbent les dilatations du support et des carreaux, et s’imposent en périphérie de pièce et tous les 3 à 5 mètres en surface.

Un joint de dilatation ne se remplace jamais par un mortier rigide. On utilise un mastic souple, type silicone, pour lui permettre de jouer son rôle d’amortisseur. Ceux qui comblent ces joints avec du coulis classique finissent avec des carreaux éclatés. Je le vois encore régulièrement sur des chantiers de rénovation !

Quel mortier de jointement choisir selon votre usage ?

Le choix du produit dépend directement de la zone à carreler. Ce n’est pas une question de préférence, c’est une question de durabilité.

Le joint ciment classique

Le mortier de jointement à base ciment est le plus répandu. Les marques Mapei, Weber et Parexlanko proposent des gammes complètes, du joint fin (0-2 mm) au joint large (jusqu’à 15 mm). Ce type de joint convient pour les zones sèches ou peu exposées à l’humidité, tout comme le produit utilisé pour la réalisation d’un ragréage dans les préparations de sol.

Il existe en plusieurs teintes. Choisir une couleur proche du carreau donne un effet uniforme. Choisir une couleur contrastée met en valeur le calepinage, c’est-à-dire le motif de pose. Les deux approches sont valables, mais assumez votre choix !

Le joint époxy : quand l’utiliser vraiment ?

Le joint époxy est imperméable, résistant aux produits chimiques et pratiquement inaltérable. Mapei Kerapoxy, Sika Ceram ou encore Ardex EP 2000 en sont de bons exemples. Il s’impose dans les zones très humides comme les douches à l’italienne, les piscines et les cuisines professionnelles.

Son défaut ? Il est bien plus difficile à poser. Il durcit vite et se nettoie mal une fois sec. Réservez-le aux zones qui le nécessitent vraiment, et travaillez par petites surfaces pour éviter les catastrophes.

💡 Le joint époxy offre une résistance chimique et mécanique jusqu’à deux fois supérieure à celle d’un joint ciment, selon les fiches techniques Mapei. Mais il demande une technique irréprochable à la pose.

Comment poser un joint carrelage correctement ?

Joint carrelage pose application

Le mortier choisi, reste l’essentiel : le geste. Bâcler la pose, c’est condamner le résultat dès le départ.

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La préparation : étape non négociable

Attends au minimum 24 heures après la pose des carreaux avant de jointoyer. Retire tous les croisillons de carrelage avant de commencer. Ces petits accessoires plastiques servent à maintenir l’écartement pendant le collage, pas à rester en place !

Nettoie les joints à l’aspirateur et humidifie légèrement les bords des carreaux. Un support trop absorbant pompe l’eau du mortier trop vite et compromet la prise. Cette précaution change tout sur les supports poreux comme la terre cuite, particulièrement si vous avez dû enlever la colle à carrelage avant de refaire la pose.

L’application du mortier de jointement

  • Prépare le mortier à la consistance d’une pâte épaisse, sans grumeaux.
  • Applique-le en diagonale par rapport aux joints avec une raclette en caoutchouc pour bien remplir les espaces.
  • Lisse les joints avec une éponge humide, en travaillant par zones de 2 m² maximum.
  • Élimine le voile de laitance avant séchage complet, sinon tu passes des heures à frotter.

Utilise une raclette en caoutchouc souple, jamais une spatule rigide. La rigidité arrache le mortier au lieu de le pousser dans les joints. C’est un outil à quelques euros qui fait toute la différence !

Pose joint carrelage étapes

Comment protéger et entretenir ses joints dans le temps ?


Une fois les joints posés et secs, le travail ne s’arrête pas là. L’entretien préventif évite bien des soucis.

Le traitement hydrofuge : une protection à ne pas ignorer

Le traitement hydrofuge sur joints ciment repousse l’eau et limite l’apparition de taches et de moisissures. Des produits comme Fila Surface Care Fugaproof ou Mapei Ultracare Grout Protector s’appliquent au pinceau fin après séchage complet des joints, soit 48 à 72 heures après la pose.

En salle de bains, ce traitement renforce l’étanchéité salle de bains dans les zones de projection. Ce n’est pas optionnel si vous voulez éviter les moisissures joints au bout de six mois. J’ai vu des douches neuves partir en moisissures dès la première saison faute de ce geste basique ! D’ailleurs, l’utilisation de barbotine de ciment peut également aider à améliorer l’adhérence et l’étanchéité globale de votre carrelage.

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Que faire contre les moisissures et le noircissement ?

Les moisissures joints apparaissent dans les zones mal ventilées et trop humides. Avant tout traitement, aère correctement la pièce et réduis l’humidité ambiante. Une ventilation mécanique contrôlée (VMC) correctement réglée fait plus que n’importe quel produit.

Pour nettoyer sans agresser, le bicarbonate de soude mélangé à un peu d’eau forme une pâte efficace sur les taches légères. Applique avec une vieille brosse à dents, laisse agir 10 minutes, frotte et rince. Pour les cas sévères, un produit fongicide spécifique comme HG Spray Anti-Moisissures donne de meilleurs résultats.

🦠 D’après l’ADEME, une salle de bains mal ventilée peut atteindre un taux d’humidité de 90 % après une douche. Ce niveau favorise directement le développement des moisissures joints en moins de 48 heures.

Comment rénover des joints abîmés ou décolorés ?

Les joints ciment se dégradent avec le temps, même bien entretenus. Deux options s’offrent à vous : la rénovation superficielle ou le déjointement complet.

Le rénovateur de couleur joints

Un rénovateur de couleur joints comme le Grout Colourant de HG ou le Joint Pen de Mapei redonne de la blancheur et une protection homogène sans retirer les anciens joints. Ça s’applique comme un stylo ou au pinceau fin. Résultat visible en moins d’une heure, efficace pour des joints encore en bon état mais visuellement fatigués.

Quand le déjointement s’impose

Un joint craquelé, décollé ou profondément encrassé ne se rénove pas en surface. Utilise un grattoir à déjointer manuel ou électrique pour retirer entièrement le mortier ancien. L’outil oscillant Fein ou le modèle Dremel MultiMax équipé d’une lame carrelage accélèrent considérablement le travail. La colle à carrelage devra aussi être nettoyée au préalable pour une nouvelle application.

Le grattoir à déjointer manuel convient pour les petites surfaces. Sur une grande pièce, l’outil électrique est indispensable sous peine d’y passer la journée. Après déjointement, nettoie à fond et recommence la pose comme si c’était neuf.

Situation Solution recommandée Produit type
Joints ternes mais intacts Rénovateur de couleur joints HG Grout Colourant, Joint Pen Mapei
Moisissures légères Bicarbonate de soude + fongicide HG Anti-Moisissures Spray
Joints fissurés ou décollés Déjointement + repose complète Grattoir à déjointer + mortier Mapei
Zone très humide (douche, piscine) Joint époxy Mapei Kerapoxy, Ardex EP 2000

Le joint carrelage, c’est 5 % du coût d’une pose mais 50 % de son rendu final. Applique le traitement hydrofuge systématiquement après pose, retire tes croisillons avant de jointoyer, et n’attends pas que les moisissures s’installent pour agir. Un entretien annuel avec du bicarbonate de soude et une bonne ventilation, c’est tout ce qu’il faut pour des joints qui durent. Commence par là, maintenant.

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